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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 07:00

Le 25 mars 2012

SAINT-JEAN-D'ANGÉLY

Il n'amuse pas la galerie

MÉTIERS – Michel Derosier est taupier professionnel, un métier qui l'amène à travailler sur quatre départements. Je l'ai rencontré jeudi 22 mars chez un de ses clients, au faubourg Saint-Eutrope, à Saint-Jean-d'Angély. Voici ses conseils.

201200322-taupier-mDerosier-6840"Il faut ne pas laisser d'odeur, porter des gants et éviter la lotion après-rasage..." commente Michel Derosier, taupier professionnel

Il est des métiers peu communs, qui interpellent sur leur existence même. Comme celui de Michel Derosier. Un métier qu'il exerce souvent à genoux dans l'herbe, dans toutes sortes d'endroits, comme un jardin ou dans le pré attenant, sur un terrain de golf ou de football, penché sur le sol et concentré en silence comme un indien examinant de mystérieuses traces. Un métier qui n'amuse pas la galerie, surtout celle des taupes, car Michel Derosier est taupier professionnel. Entendez par-là qu'il n'est pas éleveur de taupes mais bien au contraire un piégeur de taupes, qui réussit là où nous pestons, quand les maudites bestioles ont ravagé le gazon dont nous étions si fier ou bien les semis dans le jardin potager.

Michel Derosier explique la technique : « Je pose des pièces comme on le faisait jadis. Avec le piège modèle Putanges fabriqués en Normandie. Il avait été inventé par le jardinier du roi Louis XIV. Ce piège très efficace est le plus utilisé par les piégeurs, une sorte de tapette à souris adaptée pour les galeries. Lorsqu'il se déclenche au passage de la taupe, deux pinces écartées coincent la taupe derrière les oreilles aux vertèbres cervicales et la mort est instantanée. Le piège se place aisément dans les galeries grâce à sa forme très longiligne. Il faut du matériel qui ne soit pas neuf, voire oxydé pendant trois mois car l'acier dégage une odeur. On trouve dans les jardineries des pièges asiatiques qui ne sont pas efficaces, avec un acier qui ne rouille pas et la taupe, si elle voit mal, va le détecter, car elle a un odorat et une ouïe très performants ! Elle entend un ver immobile à six cm sous terre ! »

201200322-taupier-mDerosier-6852La taupe marche à un mètre par seconde et vient s'encastrer dans le piège posé en long dans sa galerie.

Intarissable et passionné, le professionnel explique que la taupe n'hiberne pas, ne fait pas de réserve de graisse, mange, trois à quatre fois par jour, son poids en vers, soit 30 kg par an. « On peut donc les chasser toute l'année. Chaque jour, elle gratte et déplace 30 fois son poids. Si elle peut vivre dix ans, elle va cependant mourir de faim vers quatre ans, car ses griffes sont usées et deviennent inopérantes. C'est une mort terrible car elle doit connaître des douleurs avant de dépérir. Si cela peut rassurer les défenseurs des animaux, la plupart des taupes que les piégeurs attrapent ont entre deux et trois ans et ne connaîtront pas cette fin-là ».

201200322-taupier-mDerosier-6847Si la taupe vit en solitaire toute l'année, elle s'accouple au printemps et une portée au bout de quatre à cinq semaines voit naître de quatre à six petits. Au bout d'un mois, les jeunes taupes quittent le nid familial. « Ce sont elles qui font toutes les galeries de surface dans les terrains, et nous ne pouvons pas piéger ces galeries qui ne sont pas en profondeur. Il faut attendre huit à douze mois ».

Michel Derosier appartient au réseau TaupGreen, créé par Jérôme Dormion, après que les vers empoissonnés aient été interdits à la commercialisation. Fils d'agriculteur et petit-fils de taupier qui lui a transmis son savoir-faire, il est devenu taupier au château de Versailles. « Nous sommes 25 taupiers à TaupGreen, qui ont suivi une formation et bénéficient d'une assistance ». Michel Derosier exerce en Charente, Charente-Maritime, Vendée et Deux-Sèvres, sans intervenir dans les îles où il n'y a pas de taupes, avec un temps fort au printemps, lorsque les taupes sont plus en surface.

201200322-taupier-mDerosier-6850Alors la question est posée sur les chances que le particulier a de prendre des taupes dans son jardin. Michel Derosier a un avis bien tranché : « La taupe n'est pas hémophile. Il ne sert à rien de mettre des tiges de rosier qui vont la faire aller chez le voisin si elle se pique, des tessons de verre, des substances répulsives, des fumigènes ou des pièges à feu qui sont dangereux, tout comme le poison, ou d'inonder les galeries. Elle va éviter tous ces stratagèmes que l'on croit merveilleux, en bouchant les galeries impraticables ou polluées, avant de reprendre ses occupations. Seul le piège traditionnel que nous utilisons est efficace ! ».

Qu'on se le dise, la taupe se rit de nous et continuera de construire ses taupinières pour évacuer la terre et renouveler l'air de ses appartements.

Bernard Maingot

 

Michel Derosier 5, impasse de la grande pièce 17600 Saujon 06 60 45 19 56

contact-17@taupgreen.com

Michel Derosier participera au Salon de l'horticulture et de l'habitat de La Rochelle, Parc des expositions, du 30 mars au 1er avril

201200322-taupier-mDerosier-0169

Après la pose du piège, bien remettre en place la motte de terre. La taupe viendra voir la cause de cette prise d'air inhabituelle.

Des moyens inefficaces (lu sur taupier.net)

Plantes : L'Épurge (ou Grande Euphorbe), l'Hellébore Fétide et le Datura ont la réputation de faire fuir les taupes. Mais elles n'ont aucun effet.

Répulsifs : Naphtaline, urine, poils de chien, carbure, créosote, moules avariées, poisson pourri, … La taupe bouche le couloir impraticable et reprend ses occupations.

Objets piquants ou tranchants :tessons de verre, clous, fil de fer barbelé, lames de rasoir, ronces, tiges de rosiers... La taupe n'est pas hémophile et se méfie de tout objet inconnu. Elle contournera l'intrus en creusant une nouvelle galerie ...

Bruit : bouteille en plastique enfilée sur une tige de bois, appareil produisant des ultra-sons... La taupe n'aime pas les bruits d'autant qu'elle a l'oreille fine, mais s'habitue à tout...

Fusées fumigènes : les "fusées à taupes" sont des bâtonnets remplis d'une substance inflammable dégageant une épaisse fumée censée asphyxier la taupe. Ces fusées ne font du mal qu'au porte-monnaie.

Pièges à feu : pétard ou cartouche se déclenchant au passage de la taupe pour la tuer. Ces enginssont dangereux pour les doigts et les tympans en cas de mauvaise manipulation. A ne jamais laisser à portée des enfants et des animaux (comme dans le jardin)

Poison : poison à incorporer à des vers de terre. Technique fastidieuse à mettre en oeuvre (capturer des vers de terre vivants, mélanger le poison aux vers et placer ces appâts empoisonnés dans une galerie sans trop la déranger, la taupe étant méfiante). Attention, une taupe morte empoisonnée, consommée par un chien ou un chat empoisonnera également vos animaux.

Gaz : L'utilisation du phosphure d'hydrogène (PH3) est réservée à des personnes agréées. La dangerosité de ce gaz oblige la déclaration des sites "gazés" en préfecture, et à l'interdiction de ces sites durant 48 heures. Technique efficace dans certaines conditions (sols non poreux) et très dangereuse pour tout ce qui vit !

Inondation : Brancher un tuyau d'arrosage sur la galerie d'une taupe pour la noyer ne sert qu'à mal irriguer son jardin : la terre poreuse des galeries absorbe l'eau quelle que soit la quantité apportée.

Affût : Armé d'un croc à fumier, certains taupiers sont capables d'extraire la taupe de la terre d'un seul coup au moment où celle-ci pousse la terre hors de sa galerie pour créer une taupinière. Cette technique totalement écologique demande de la patience, un sacré coup d'oeil et une certaine habileté. Technique aussi spectaculaire qu'efficace : la taupe est souvent prise indemne. Le taupier a le choix entre l'occire ou la relâcher en terrain neutre (forêt), où elle ne dérangera personne.

Piégeage traditionnel : Totalement respectueuse de l'environnement et sans danger pour les autres animaux, ni les êtres humains, cette technique extrêmement efficace convient à toutes les superficies. L'utilisation de pièges mécaniques simples et peu onéreux de type "putanges" demande un apprentissage. Un piège "putanges" bien posé tue "proprement" la taupe. Un autre avantage est de visualiser les prises.

Quelques vidéos sur les taupes

par Jacques Dormion, taupier au château de Versailles

Une taupe en action : http://www.youtube.com/watch?v=9vYf3oHKi8c

Se débarrasser des taupes : http://www.youtube.com/watch?v=fpp4x9aOQ4o

Le taupier avec Jean-Pierre Coffe : http://www.youtube.com/watch?v=L1wa9rRdYDs

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Published by Bernard Maingot 2 - dans Divers articles non classés
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commentaires

wernert 06/07/2017 16:14

je souhaiterai etre taupier professionnel. Tél.0388093691.

hobo 17/03/2015 10:39

gros con

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