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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 09:27

22 janvier 2011 – Billet 29 » Texte et Photos Bernard Maingot

SAINT-JEAN-D’ANGÉLY

Des vêtements protecteurs

 

MUSÉE DES CORDELIERS Pauline Duponchel a animé une ciné-conférence sur les pagnes Bògòlan du Mali, samedi 22 janvier.

» Bernard Maingot 

20110122 MUSEE bogolan 7631 conf-bl7631 Pauline Duponchel commente un ouvrage réalisé par les hommes : les dessins sont noirs, en opposition aux tracés des femmes qui sont blancs. PHOTO BERNARD MAINGOT  

20110122 MUSEE bogolan 7652 conf-bl7652 Une démonstration avec le public : Pauline Duponchel explique comment les Maliennes portent un pagne Bògòlan. PHOTO BERNARD MAINGOT  

20110122 MUSEE bogolan 7664 conf-bl7664 Pauline Duponchel (à droite) aidée de Marie Canonne, médiatrice culturelle au musée des Cordeliers, détaille la signification des symboles sur un pagne Bògòlan.  PHOTO BERNARD MAINGOT

Samedi dernier, au musée des Cordeliers, Pauline Duponchel - qui a vécu 13 ans au Mali - a animé une conférence sur les pagnes Bògòlan du Mali, une technique d’impression mais aussi d’expression, où chaque motif graphique possède une signification, une symbolique qui assure la transmission des connaissances et des valeurs culturelles.

B. M. : Pauline Duponchel, vous êtes docteur en ethnographie et vous avez travaillé sur le Bògòlan du Mali. De quoi s’agit-il ?

Le Bògòlan est une tradition de teinture faite avec de la terre, le premier matériel, qui est appliquée sur des étoffes de coton. Préalablement cette étoffe a été trempée dans une décoction de plantes, ce qui permet d’avoir une interaction entre le tanin acide de la décoction et l’oxyde de fer contenu par la terre qui sert au tracé du dessin. Le travail de décoration, de teinture, se fixe ainsi sur l’étoffe de coton, qui est ensuite portée par les hommes et par les femmes.

Le dessin était tracé par les femmes. Cette technique, qui était aux mains des femmes et qui est passée aux mains des hommes qui font maintenant du bogolan dans toute l’Afrique de l’Ouest. Cette technique très vivante circule beaucoup par exemple avec les Maliens qui sont au Canada.

Cette technique était spécifique au Mali ?

Au départ le Bògòlan était au Mali, au bord du Niger, chez les Bamanan, une population sédentaire liée aux travaux agricoles.

La prise en mains de cette technique par les hommes est née dans les années 80/90. De jeunes étudiants à l’Institut national des arts de Bamako, dans l’impossibilité d’acheter de la peinture à l’huile, ainsi que d’autres mediums occidentaux, se sont mis en apprentissage auprès des femmes âgées, ont appris cette technique. Des créateurs, des artistes, des cinéastes… s’en sont emparés pour faire des décors, des costumes, des œuvres d’art, qui sont vendues dans le monde entier.

A l’origine, existait-il une différence entre les dessins des femmes et ceux des hommes ?

Une différence existait dans les motifs réservés aux femmes et ceux aux hommes. Les femmes qui véhiculaient ce vocabulaire pouvaient très bien, pour leur fils ou leur neveu, choisir une thématique correspondant à la prise de risque du jeune homme. On n’est pas seulement dans un vêtement parure, mais surtout dans un vêtement protecteur, avec des signes qui protègent l’individu de l’adversité extérieure, pour celui qui voyage ou qui chasse.

Des exemples de signes protecteurs qui expliquent ces dessins géométriques ?

Les signes les plus permanents sont l’empreinte : celle de l’animal, de l’individu. Le crocodile est une entité religieuse sorti du fleuve, dont on voit l’empreinte sur certains pagnes. Le varan, avec sa langue fourchue, qui est représentée sur le pagne ; le caméléon, qui protège l’homme qui chasse en lui donnant le pouvoir de s’infiltrer dans la brousse et de rapporter du gibier en toute sécurité. La trace de la tourterelle, qui annonce un danger quand elle s’envole.

Le bogolan a-t-il un rapport avec l’exposition de poteries au musée ?

 « J’ai été très heureuse de donner cette conférence dans le cadre de l’exposition des poteries. La terre des poteries n’est pas la même que celle utilisée pour tracer les pagnes, mais on est quand même dans une prolongation de ces traditions qui sont aux mains des femmes, qui fabriquent des instruments pour garder l’eau, la nourriture, se vêtir et protéger elles-mêmes et les êtres qui leurs sont chers »  

20110122 MUSEE bogolan 7631 hom bl7631 Ouvrage réalisé par les hommes. Le tracé du dessin (en noir) est dit "positif". PHOTO BERNARD MAINGOT  

20110122 MUSEE bogolan 7634 fem bl7634 Pagne réalisé par les femmes. PHOTO BERNARD MAINGOT  

20110122 MUSEE bogolan 7649 fem bl7649 Ouvrage de femme. Le tracé des signes (en blanc) est dit "négatif". PHOTO BERNARD MAINGOT  

20110122 MUSEE bogolan 7678-bl7678 Les créateurs se sont inspirés du bògòlan pour réaliser cette chemise. PHOTO BERNARD MAINGOT

 20110122_MUSEE_bogolan_7687-sac-bl2.jpg 7687 Un sac inspiré du Bògòlan. PHOTO BERNARD MAINGOT

20110122 MUSEE bogolan 7643 livre1Textiles Bògòlan du Mali : un livre de Pauline Duponchel. PHOTO BERNARD MAINGOT  

20110122 MUSEE bogolan 7643 livre2

   20110122 MUSEE bogolan 7643 livre4

 

20110122 MUSEE bogolan 7694 repart-blLa production de bògòlan fini au Mali est répartie sur deux zones.

20110122 MUSEE bogolan 7633 conf-bl

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commentaires

B
Bonjour Pauline
C'est Ballo, Peux-tu me contacter
Répondre
D
Etudiante en Master Professionnel à l'Université Senghor d'Alexandrie/Egypte spécialité Communication-Médias, je cherche depuis un mois le contact de Mme Duponchel sans succès.
J'admire son travail et serai ravie de pouvoir échanger avec elle .
Répondre
D


Merci cher Bernard de ce soutien et de ce compte-rendu au plus près et si vivant!!


Cela me donne le courage de poursuivre puisque j'ai le projet d'un ouvrage moins spécialisé afin de continuer à faire connaître cette expression.


A bientôt, Pauline


 



Répondre
B


Idem pour ce commentaire du 1er février découvert le 13.02, n'ayant pas été prévenu par e-mail de son dépôt et n'ayant pas été voir la rubrique adéquate dans l'administration ! D'autant
qu'avec 120 visiteurs par jour sur ce blog 2 au lieu de 600 par jour sur le blog 1, je ne m'étonnais pas de ne rien recevoir...


Chère Pauline, j'ai eu grand plaisir dans l'entretien que nous avons eu. Il m'était très difficile de résumer en 40 lignes la conférence fort intéressante que vous avez faite sur le bogolan
et qui fait l'objet de votre livre (le mieux est de l'acheter). J'ai donc trouvé pratique de procéder par une interview qui me rappelle la radio, du temps où j'y touchais un peu.


Bien cordialement, Bernard


 



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  • Correspondant de presse. Curieux et passionné, j'aime la photographie, l'écriture et transmettre aux autres ce qui m'attire. "On se lasse de tout, excepté d'apprendre" (Virgile).
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